L’histoire du Musée Napoléon de la Pommerie
Napoléon Ier et Napoléon III eurent chacun un fils unique, mais tous deux meurent jeunes, sans descendance. Ces deux branches éteintes, c’est la lignée du dernier frère de Napoléon Ier, Jérôme Roi de Westphalie, qui devient la seule branche dynaste. Ainsi son petit-fils, le prince Victor-Napoléon Bonaparte, rassemble et répertorie une collection exceptionnelle d’objets familiaux retraçant l’histoire des deux empires.
À sa mort en 1926, une fondation entre ses deux enfants regroupe ces objets. En 1949, sa fille, la princesse Marie-Clotilde, mariée au comte de Witt, s’installe à la Pommerie, en Périgord. Une partie importante de la collection est transmise à l’Etat en 1976 par le prince Napoléon et la comtesse de Witt.
En 1998, le comte Baudoin de Witt reçoit le classement par la Caisse des Monuments Historiques de plus de 150 objets.
En 1999, avec son épouse Isabelle, ils décident d’ouvrir leur manoir de La Pommerie au public afin de présenter dans le cadre intime de leur demeure, une collection restée jusqu’alors inconnue.
Le roi Jérôme - Frère prodigue de Napoléon (1784-1860)
"Quel roman que ma vie!" Ce mot de Napoléon peut tout aussi bien s'appliquer à son plus jeune frère, Jérôme, devenu, par la volonté de l'Empereur, roi de Westphalie.
Entré dans la marine à 16 ans, il a navigué de l'Egypte au Brésil, de Sainte-Hélène aux Etats-Unis. Revenu en Europe, il participe à la campagne de Prusse en 1806-1807 avant d'épouser Catherine de Wurtemberg et de prendre possession du royaume de Westphalie. Pièce essentielle du système européen élaboré par Napoléon, ce royaume doit aussi être un Etat modèle dans l'Allemagne française.
Souverain prodigue et charmeur, il mène avec sa cour une vie de plaisirs qui lui vaudra le surnom de "König lustig".
Mais il est aussi un roi réformateur, qui introduit les principes de 1789 dans son royaume. Associé aux grandes étapes de l'histoire de l'Empire, il sombre avec lui, avant de revenir en France aux Cent-Jours et de s'illustrer à Waterloo. Commence ensuite pour Jérôme et sa famille un long exil qui ne s'achève qu'à la veille de la révolution de 1848. Il est à Paris aux premières loges pour mesurer la popularité du nom qu'il porte et soutenir la prise de pouvoir de son neveu, Louis Napoléon Bonaparte, avec l'espoir de jouer un rôle dans le nouvel Empire.
Tour à tour gouverneur des Invalides, président du Sénat, membre du Conseil de régence, il est alors l'incarnation vivante, accentuée par sa ressemblance avec Napoléon, du lien unissant le Premier au Second Empire. Acteur de l'épopée impériale, il a surtout été le témoin d'un siècle marqué par la figure tutélaire de Napoléon.
haut de pageNapoléon Joseph Charles Paul Napoléon - Prince Jérôme
Napoléon Jérôme est le deuxième fils du roi Jérôme et de Catherine de Würtemberg. Né après l’empire, pendant l’exil de son père à Trieste il deviendra rapidement le préféré de son père.
À la mort de sa mère en 1835 son père l’envoie en Suisse chez la reine Hortense ou il se lie avec son cousin Louis, futur Napoléon III. En 1837 il est envoyé chez son oncle le roi de Wurtemberg et il suit les cours de l’école militaire de Ludwigsburg et devient officier de la garde.
Élu représentant de la Corse en 1848, puis député de la Sarthre en 1849 il est surnommé « le prince de la Montagne » pour ses sympathies d’extrême gauche. Napoléon III auquel il s’oppose le nomme ministre plénipotentiaire à Madrid pour l’éloigner.
Prince Français et sénateur en 1852, général de division en 1853, président de l’exposition universelle, il est ministre de l’Algérie et des colonies en 1858.
Par son mariage avec Marie-Clotilde de Savoie en 1859 il s’inscrit dans la politique Italienne de Napoléon III.
Partisan de l’Empire libéral, il tombe en disgrâce et se retire en Suisse en 1865.
Élu conseiller général de la Corse en 1871 et député en 1876 la mort du Prince Impérial le brouillera avec son fils Victor.
Banni de France par la loi d’exil de 1886 il se retire en Suisse et meurt à Rome en 1891.
haut de page"Le prince Victor Napoléon" (1862-1926) par Laetitia de Witt
Thèse d'histoire contemporaine qui a valu à Laetitia de Witt
les félicitations du jury et la mention "très honorable".
Directeur de recherche : Monsieur Jean Tulard
Université Paris IV - Sorbonne
Il faut tout d'abord situer le prince Victor. Il est le petit-fils du roi Jérôme, le dernier frère de Napoléon Ier, et de Catherine de Württemberg. C'est pour servir la politique de l'Empereur que Jérôme avait épousé en secondes noces Catherine de Württemberg. Ensemble ils eurent trois enfants : le prince Jérôme Bonaparte, mort d'une maladie grave en 1847, la princesse Mathilde et le prince Napoléon-Joseph qui, après la mort de son frère, reprit le nom de Jérôme. Pour se moquer de lui, on le surnommait Plon-Plon. Sous le Second Empire, en 1859, cette fois-ci pour servir la politique italienne de Napoléon III, le prince Jérôme épousa la princesse Marie-Clotilde de Savoie, fille de Victor-Emmanuel de Savoie et d'Adélaïde de Habsbourg. De cette union naquirent trois enfants : Victor en 1862, Louis en 1864 et Laetitia en 1866. Le prince Victor est donc le petit-fils de deux rois : Jérôme, roi de Westphalie et Victor-Emmanuel II, roi d'Italie à partir de 1861.
Ses origines prestigieuses vont amener le prince Victor à jouer un rôle politique de tout premier ordre. Par le jeu des successions, le prince Victor devint le chef de la Maison impériale puisqu'il n'existait plus d'autre héritier mâle issu de Napoléon Ier ou de ses frères. En effet, le roi Joseph n'avait que des filles, Lucien avait été déshérité par Napoléon Ier et la branche de Louis s'éteignait en 1879 avec la mort du Prince Impérial. De ce fait, la branche de Jérôme Bonaparte se trouvait être la seule dynaste.
À la mort du Prince Impérial, le chef de la Maison impériale aurait dû être le prince Jérôme. Or, à cause des idées politiques réactionnaires de celui-ci, le Prince Impérial avait notifié ceci dans le codicille de son testament : "Les devoirs de notre Maison envers notre pays ne s'éteignent pas avec ma vie; moi mort, la tâche de continuer l'oeuvre de Napoléon Ier et de Napoléon III incombe au fils aîné du Prince Napoléon". Le Prince Impérial préférait donc Victor comme successeur. Cette volonté du Prince Impérial eut d'importantes répercussions. Tout d'abord, elle déclenchait une rupture irrémédiable entre le prince Jérôme et son fils Victor. Ensuite, elle faisait qu'à dix-huit ans à peine et indépendamment de sa volonté, le prince Victor devenait le représentant de la cause impériale. Il allait le rester jusqu'à sa mort en 1926. Pourtant, bien qu'il ait été le chef de la Maison impériale pendant une quarantaine d'années, le prince Victor a été totalement oublié par l'histoire.
haut de pagePrincesse Marie-Clotilde Napoléon, Comtesse de Witt
La princesse Marie-Clotilde née le 20 mars 1912 est le premier enfant du prince Victor et de la princesse Clémentine de Belgique. Elle est née en Belgique du fait de l’exil de son père.
En 1914 l’invasion de la Belgique oblige le prince Victor et sa famille à se réfugier en Angleterre chez l’Impératrice Eugénie marraine de Marie-Clotilde. Ils y resteront jusqu’en 1919.
Après des études en Belgique, la princesse Marie-Clotilde passe 3 ans à la cour d’Italie pour des raisons de santé.
De retour à Paris en 1936 elle poursuit des études de médecine.
En 1938 elle se marie avec le comte Serge de Witt, issu de l’émigration Russe en France et part pour la Tunisie où son mari est officier au 1er REC.
En 1949 ils achètent le domaine de la Pommerie en Dordogne où ils élèvent leurs huit enfants. Partageant sa vie entre Paris et la Pommerie, la comtesse de Witt passera ses dernières années en Dordogne où elle décèdera en 1996.
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